Fiche thématique sur les ZES

  • Contexte et justification

Afin d’atteindre les objectifs du PSE en termes d’emplois et d’IDE, l’Etat du Sénégal a décidé de mettre en place des zones économiques spéciales (ZES), outil stratégique pour attirer l’investissement privé et renforcer la compétitivité des entreprises.

Les ZES constituent des espaces aménagés pour la production de biens et services et régis par des lois économiques, des incitations et des dispositifs spécifiques pour les entreprises. Il s’agit de mettre en place un environnement favorable aux activités économiques, avec un ensemble d’infrastructures et de services de standard international assurant aux entreprises les meilleures conditions d’exercice de leurs activités (parc industriel, espaces de services, bureaux et plateformes logistiques, zones commerciales, complexes touristiques, parcs technologiques, etc.). Ces avantages combinés au transfert de technologies et à la disponibilité des facteurs de production, devront permettre aux entreprises de gagner en productivité.

Les entreprises qui y sont installées bénéficient de préférences, notamment un cadre fiscal incitatif, des procédures allégeant leur exploitation, des facilités d’accès au foncier, une souplesse de la législation sociale et des services financiers compétitifs. Ce concept dépasse largement celui de zone franche industrielle notamment de par l’envergure des infrastructures et des mesures incitatives.

Dans le but de s’aligner aux meilleurs standards internationaux, un nouveau cadre juridique régissant les ZES au Sénégal a été institué. Il a permis déjà la création de trois (03) ZES, l’une, sous forme de parc industriel sur 53 ha à Diamniadio à 25 km de Dakar, l’autre à Diass sur 718 ha à proximité du nouvel aéroport Blaise Diagne et la dernière sur 100 ha à Sandiara.

En matière de gouvernance, les ZES sont ancrées au MEPC, qui assure les orientations stratégiques sur une base concertée. Le dispositif institutionnel est composé d’un Comité paritaire public/privé, d’un Administrateur (APIX SA), des Promoteurs/développeurs et des entreprises privées. Le Comité est un organe placé sous la tutelle du Ministre chargé de l’Economie. Son rôle est axé sur la régulation, la médiation et la conciliation entre les acteurs évoluant dans les ZES.

Globalement, les nouveaux textes consacrent les innovations suivantes :

  • la prise en charge de toutes les zones économiques spéciales ;
  • une nouvelle approche du cadre de gouvernance des ZES qui s'inspire des meilleures pratiques internationales à travers, notamment, une définition claire et précise des missions et prérogatives de l’Administrateur des ZES ;
  • la désignation de promoteurs/développeurs de la ZES qui peuvent être publics ou privés ;
  • un regroupement des incitations ;
  • une libéralisation de la vente et de l’achat de l’électricité ;
  • une prise en compte des dispositions dérogatoires à la législation du travail ;
  • des règles de protection de la propriété privée au sein des ZES.

Les ZES au Sénégal ont pour vocation notamment :

  • l’Agrobusiness ;
  • l’Industrie ;
  • les Technologies de l’information et de la communication ;
  • le Tourisme ;
  • le Services médicaux ;
  • les autres services.
  • Défis

Au-delà de la création d’une masse critique d’emplois, les ZES devraient contribuer à la dynamisation des exportations, permettant notamment de tirer profit des préférences internationales (AGOA II, TEC de la CEDEAO, Tout sauf les armes, etc.). Jusqu’ici, le Sénégal n’a pas encore su tirer profit de ces avantages en raison d’une absence d’offre pertinente et conforme à la demande internationale. Avec les ZES, l’ambition du Sénégal est de créer les conditions d’une compétitivité internationale de notre pays. A cet effet, l’accent sera mis sur la transformation industrielle porteuse de valeur ajoutée et de technologies. Ainsi, les défis que doivent relever les ZES au Sénégal sont notamment :

  • la création d’emplois pour contribuer aux objectifs du PSE (600 000 emplois) ;
  • l’augmentation des IDE : contribuer à faire passer les IDE de 2% à 6-8% du PIB  entre 2012 et 2023;
  • l’augmentation des exportations pour favoriser le rééquilibrage de la balance commerciale ;
  • la création de chaîne de valeur sur les produits locaux ;
  • le transfert de technologies ;
  • le gain de compétitivité des PME et PMI sénégalaises grâce à la sous-traitance et au transfert de technologies ;
  • la formation des jeunes pour permettre aux entreprises de disposer d’une main d’œuvre qualifiée.